Exposer avec The Holy Art Gallery : mon expérience et mon bilan

En octobre dernier, j’ai participé à une exposition organisée par The Holy Art Gallery, une galerie internationale en ligne qui organise des expositions dans plusieurs villes à travers le monde. J’ai décidé aujourd’hui de partager ici mon retour d’expérience, en toute transparence, car je sais que beaucoup d’artistes s’interrogent sur ce type d’opportunités.

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Comment tout a commencé

J’ai découvert The Holy Art Gallery grâce à l’une de leurs curatrices qui m’a contactée sur Instagram. Elle m’expliquait que l’équipe appréciait mon travail et que mes créations pourraient parfaitement s’intégrer dans leurs futures expositions. Curieuse et enthousiaste, j’ai naturellement cherché plus d’informations sur leur site.

Les expositions sont payantes, avec un tarif variant en fonction du nombre d’œuvres présentées. Il fallait également tenir compte d’une commission de 10 % sur chaque vente effectuée pendant l’exposition et jusqu’à 30 jours après celle-ci (pour l’exposition à laquelle je souhaitais participer). Avant de confirmer ma participation, j’ai pris le temps de contacter une artiste peintre anglaise ayant déjà travaillé avec The Holy Art Gallery. Son retour était très positif : elle semblait satisfaite de son expérience et de la visibilité obtenue. Ce témoignage m’a confortée dans mon choix et m’a permis d’avancer avec un sentiment de confiance, tout en étant consciente du caractère payant de ce type de projet où, d’une certaine manière, l’artiste devient aussi le client.

Pour ma participation, le coût s’élevait à 300 £ pour une œuvre, censés couvrir la location de l’espace, la communication et la visibilité internationale. Spoiler : je n’ai même pas eu une visibilité… locale !

La préparation : documents, informations et organisation

Après validation et paiement, j’ai reçu plusieurs formulaires à remplir :
Nom d’artiste
Compte Instagram
Nom de l’œuvre
Dimensions
Matériaux & techniques
Prix de vente
La galerie insistait également pour que nous invitions un maximum de proches et que nous les inscrivions sur un système de pré-inscription pour le vernissage.

Le jour du vernissage : une bonne énergie mais une mauvaise mise en scène

À notre arrivée, un premier point positif : beaucoup de monde. L’ambiance était vivante, stimulante, pleine d’artistes passionnés et de visiteurs curieux. Cependant, en découvrant l’installation, j’ai eu une première mauvaise surprise.

Mon œuvre, Salone, un cactus textile en 3D, était placée derrière une porte, donc quasiment invisible. Je l’ai déplacée pour la rendre un minimum visible, mais elle s’est retrouvée à un endroit où les visiteurs la frôlaient, la bousculaient, risquant de l’abîmer. Aucune information préalable ne nous avait été donnée concernant la nécessité d’apporter un socle ou support pour les sculptures. Les jours suivants, j’ai constaté que d’autres artistes avaient dû improviser et ramener leur propre installation.

De plus, la majorité du public était composée d’artistes exposants et de leurs proches. Il n’y avait pas ou très peu de collectionneurs, galeristes, acheteurs ou professionnels de l’art spécifiquement invités par l’organisation. Ce détail est loin d’être anodin : pour des artistes investissant financièrement, la présence de prospects qualifiés devrait être un élément central de la promesse.

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Les informations de présentation : erreurs en série

Je m’attendais également à voir, à côté de chaque œuvre, une étiquette professionnelle reprenant les informations envoyées. Finalement, seule une numérotation manuscrite était affichée. Les visiteurs devaient feuilleter un catalogue papier ou numérique pour trouver les détails correspondants.

Dans mon cas, les informations présentes sur le catalogue papier et digital étaient erronées :
Ce n’était pas mon nom d’artiste, mon Instagram n’était pas le miens, la description de la création était coupée au milieu d’une phrase, le prix n’apparaissait pas. Bref, seul le titre de mon œuvre était correct. En discutant avec d’autres artistes présents, j’ai découvert que je n’étais pas un cas isolé : œuvres endommagées, prix différents, informations manquantes ou fausses, incohérences d’organisation. Nous étions plus d’une quarantaine, et une majorité avait rencontré des problèmes.

J’ai envoyé plusieurs emails afin de faire corriger les informations dans le catalogue digital, à ce jour aucune réponse. Le lendemain, j’ai donc installé ma propre carte de visite, comme l’ont fait plusieurs autres artistes avec une description imprimée.

Bilan : entre déception et belles rencontres

D’un point de vue professionnel (visibilité, communication, mise en valeur, relation galerie-artiste), cette expérience a été décevante. L’absence de suivi, de gestion rigoureuse et de dialogue est, selon moi, un manque de professionnalisme évident.
Cependant, l’aspect humain reste un très bon souvenir : j’ai rencontré des artistes talentueux, passionnés, ouverts, avec des univers riches et variés. Les échanges ont été inspirants, motivants et extrêmement chaleureux.

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Alors, regret ou expérience utile ?

Même si le résultat n’a pas été à la hauteur des promesses, je ne regrette pas d’avoir tenté. Chaque expérience, bonne ou mauvaise, est un apprentissage. Celle-ci m’a permis de :
✔ mieux comprendre le fonctionnement de certaines galeries commerciales
✔ mieux préparer mes futures expositions
✔ renforcer mes exigences artistiques et professionnelles
✔ rencontrer des personnes formidables
Je reste motivée et plus déterminée que jamais à exposer, rencontrer le public, échanger, apprendre et faire grandir mon univers artistique.